03 août 2026 - 391 vues
Sécheresse et canicule : l’agriculture meusienne en grande difficulté.
L’agriculture meusienne traverse l’une des périodes les plus difficiles de ces dernières années. Réunis le 24 juillet sur l’exploitation du GAEC du Cornelier à Gimécourt, la préfète de la Meuse Anne-Florence Canton, les parlementaires meusiens, les représentants des organisations professionnelles agricoles et la Chambre d’agriculture ont dressé un constat particulièrement alarmant des conséquences de la sécheresse et des fortes chaleurs sur les exploitations du département.
Le président de la Chambre d’agriculture de la Meuse, Nicolas Pérotin, n’a pas caché son inquiétude. Il a évoqué une situation « extrêmement compliquée », allant jusqu'à parler d'un véritable cri d'alarme. Selon lui, certains exploitants pourraient être contraints de cesser leur activité face à l'accumulation des difficultés.
Des récoltes en forte baisse
La campagne des moissons 2026, achevée exceptionnellement dès la mi-juillet en raison des conditions climatiques, affiche des rendements très variables selon les secteurs, avec des écarts parfois du simple au double.
Les productions d'orge d'hiver oscillent entre 35 et 70 quintaux par hectare, tandis que le blé atteint 35 à 85 quintaux selon les parcelles. Les cultures biologiques enregistrent également d'importantes pertes. Seul le colza offre des résultats relativement satisfaisants cette année.
En revanche, les cultures de printemps sont particulièrement touchées. Le maïs, les tournesols et d'autres productions souffrent fortement du manque d'eau, laissant craindre des récoltes très insuffisantes dans les prochaines semaines.
Les éleveurs sous pression
La situation est tout aussi préoccupante pour les éleveurs. Les stocks de fourrage diminuent rapidement, obligeant certains à puiser dès le début de l'été dans leurs réserves destinées à l'hiver. Les achats de paille, d'aliments et de coproduits se multiplient, entraînant une hausse des charges d'exploitation.
La production laitière est également en recul. Selon l'Union Laitière de la Meuse, le pic de chaleur de la fin juin a provoqué une baisse d'environ 12 % de la production, une perte qui ne pourra pas être rattrapée cette année. Les conséquences sur la santé des troupeaux et leur reproduction inquiètent également les professionnels.
Face à ces difficultés, certains éleveurs redoutent une décapitalisation des cheptels, faute de ressources suffisantes pour maintenir leur activité.
Une mobilisation de l'État
Le 30 juillet, Anne-Florence Canton a réuni les représentants du monde agricole, les services de l'État, les banques et les organismes d'assurance afin de coordonner les réponses à cette crise.
Cette réunion d'urgence a permis d'établir un diagnostic partagé de la situation, notamment sur les difficultés liées aux rendements, au manque de fourrages et aux tensions de trésorerie. Plusieurs dispositifs d'accompagnement sont déjà mobilisés et d'autres leviers pourraient être activés dans les prochaines semaines afin d'apporter des réponses adaptées à chaque exploitation.
Pour les responsables agricoles, cette année 2026 confirme surtout la nécessité de réfléchir durablement à la gestion de l'eau et au développement de solutions d'irrigation, afin d'assurer l'avenir de l'agriculture meusienne face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes.
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